Mère, épouse et cheffe d’entreprise: toujours plus de femmes revendiquent et assument ces trois casquettes. A l’arrivée de leur premier enfant, nombreuses sont celles à monter leur propre affaire.
Le nombre de firmes lancées par des femmes via Startups.ch n’a cessé de croître depuis quatre ans. Elle est passée de 20% en 2010 à 26% en 2014. Source: 123rf.comBerne (ats) Le nombre de firmes lancées par des femmes via Startups.ch, une organisation qui accompagne les jeunes pousses dans leurs premiers pas, n’a cessé de croître depuis quatre ans. La part est passée de 20% en 2010 à 26%, sur les 41’588 entreprises créées en 2014. La moitié est le fait de jeunes mères en quête d’indépendance après leur grossesse, soit près de 5400 nouvelles sociétés.

Beaucoup de femmes souhaitent combiner activité professionnelle et maternité, pas toujours possible lorsque l’enfant est en bas âge. La faute notamment au manque de structures d’accueil, explique Nadine Reichenthal, présidente du Club de Femmes Entrepreneurs (CFE), un réseau de 2500 cheffes d’entreprises.

Selon Walter Regli, directeur de Startups.ch, il s’agit aussi d’une nécessité puisqu’il devient plus dur de retrouver un poste leur permettant d’associer les deux rôles. A cela s’ajoute la difficulté de rester en emploi sans être reléguée sur une voie de garage, ajoute Katell Bosser, présidente de l’association des Mampreneurs, qui regroupe une centaine de mères patronnes.

Lutter contre l’ennui

Enfin, certaines femmes se lancent dans l’aventure entrepreneuriale pour lutter contre l’ennui. « Une certaine lassitude peut poindre le bout de son nez lorsqu’elles se retrouvent seules à la maison avec leur premier bébé », confie Nadine Reichenthal.

Si créer sa propre entreprise nécessite beaucoup de temps et d’énergie, la solution permet de gagner en flexibilité et de ne pas perdre du temps dans les déplacements. Cela explique l’engouement croissant pour internet, terrain de prédilection pour les jeunes pousses.

Beaucoup de jeunes mères commencent par mettre en ligne, confortablement installées dans leur canapé, les services qu’elles proposent. Si la société numérique ainsi créée rencontre le succès, elle peut passer du virtuel au réel », précise la présidente du CFE.

Bars à ongles et lolettes orthopédiques

Quant à l’envie de créer sa propre structure, elle peut toucher n’importe quelle mère de famille. Les profils sont aussi multiples que variés.

Il peut s’agir d’une femme au bénéfice d’une éducation élevée qui décide de lancer un service ou un produit inexistant sur le marché et qui répond à un besoin des jeunes mères. « Cela va de la livraison de couches-culottes à domicile à l’organisation de fêtes d’anniversaire, en passant par le développement d’une lolette orthopédique », souligne Nadine Reichenthal.
« Ce peut être aussi une maman, qui lassée de sa vie professionnelle et en quête de sens, décide de faire fructifier un talent qu’elle possède dans un domaine », détaille Katell Bosser. Des mères ont, par exemple, créé leur propre site de décoration ou de services de communication rédactionnelle.

Certaines mamans décident de lancer leur propre affaire, sans lien avec leur vie professionnelle et familiale. C’est le cas de Florence Stumpe qui a créé des bars à ongles, un concept importé des Etats-Unis.

Le panel des firmes créées se veut lui aussi très varié. « Tous les secteurs d’activité se trouvent concernés, avec une prédilection toutefois pour le domaine des services », déclare Katell Bosser. Les nouvelles sociétés touchent aussi souvent aux thèmes de l’enfance et des nouvelles technologies.

Pas nouveau

Selon Nadine Reichenthal, il y a toujours eu des mères entrepreneures, qui assuraient la direction des affaires de leur mari, souvent des artisans. Seulement, leur statut n’était pas valorisé. « Je me souviens de ma maman qui tenait le garage familial. »

Depuis, une meilleure validation de leurs acquis et une meilleure visibilité sociale ont changé la donne. Sans compter l’évolution des mentalités: « Aujourd’hui, les femmes n’ont pas peur de parler affaires et d’affirmer qu’elles sont là pour faire du chiffre », conclut la présidente du CFE.

 

Mère et entrepreneure, gare à l’épuisement professionnel

Monter son entreprise ne se fait pas en deux temps trois mouvements. « De la gestion administrative à la stratégie de communication en passant par l’élaboration du business plan, il faut intégrer une quinzaine de métiers », explique Katell Bosser, présidente de l’association des Mampreneurs.

Pour les jeunes mères, cela grappille du temps sur la vie de famille. Et le risque d’épuisement professionnel guette. Pour le contrer, Katell Bosser conseille de bien s’entourer et de savoir déléguer. « Les femmes qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale doivent aussi pouvoir compter sur un solide réseau », ajoute Nadine Reichenthal, présidente du Club de Femmes Entrepreneurs (CFE).

A cela s’ajoute le danger d’isolement et de marginalisation. « Les autres perçoivent les nouvelles cheffes, soit comme une mauvaise mère, soit comme une mauvaise entrepreneure. A leurs yeux, on ne peut pas être bonne dans les deux domaines », résume la présidente de Mampreneurs.

Texte: Maude Bonvin, ATS

Lire l’article sur le site de HR Today

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Nous contacter

En cours d’envoi

© 2019 Association suisse des Mampreneurs. L'audace de se réaliser. Uniques. Ensemble. - Made by Siiimple.

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?